Reporters : Héroïsation du "fouille-merde" |
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| Écrit par Julia Vergely | ||
| Samedi 16 mai 2009 | ||
"D'habitude dans les films, les journalistes sont une bande de connards qui hurlent derrière des barrières pour avoir une interview. Et il y a toujours quelqu'un pour dire, tiens, voilà les fouilles-merdes!". Les mots sont de Sorj Chalandon, un des scénaristes de la deuxième saison de Reporters. Ce journaliste a passé 34 ans à Libération et aime son métier. Ce qu'il décrit, ne se passe pas dans Reporters, alors il se réjouit: "ici le journalisme est le personnage central, les situations sont crédibles, mon métier n'est pas ridiculisé. C'est la première fois qu'avec le journalisme je peux rêver". Sur la scène de la salle de projection de l'Entrepôt, producteur, scénaristes, réalisateur et acteurs de la série, qui fait la fierté de Canal +, se sont réunis à l'initiative d'une association de fans de séries. Deux ans se sont écoulés depuis la diffusion de la première saison de Reporters et la quarantaine de personnes présente dans la salle a hâte de découvrir les premières minutes de la nouvelle saison. La projection des vingt premières minutes a un goût de trop peu, mais c'est plutôt bon signe comme sentiment. Tout le monde brûle d'envie de voir la suite. Mais attention, français ne veut pas dire franchouillard. Loin de là. Même si Olivier Kohn, le créateur de Reporters, a du mal à définir comment, il s'est inspiré de bons nombres de séries américaines. "Les influences de la série sont difficiles à définir. Je suis fan de The Wire, mais aussi de Deadwood. Pour les situations politiques, je me suis inspiré de la A laMaison Blanche. Il y a évidemment State of Play, que j'ai vu juste avant la première saison de Reporters" explique-t-il. La nervosité du montage semble elle aussi empruntée à des séries américaines. On pense à 24 heures Chrono (sans l'insupportable décompte des heures !"L'histoire en elle-même induit le rythme" raconte le réalisateur, Gilles Bannier "il faut réussir à capter le spectateur. La difficulté c'est qu'il y avait différentes intrigues et différentes situations, le montage sert à rééquilibrer les intrigues les unes par rapport aux autres". Ce qui fait la force de la série, c'est aussi la profondeur de ses personnages. Anne Coesens incarne à merveille une journaliste politique, Florence Daumal. "Mon personnage est une femme ambitieuse dans le journalisme. Je me suis inspirée de plusieurs journalistes femmes, deux du Monde et une de Libération. Elles m'ont montré comment obtenir des faits, des révélations. De tout ça j'ai créé un personnage". Raphaëlle Bacqué ? Ariane Chemin ? On y pense. François Caron joue Jacques Barlier, un ministre de l'intérieur devenu Premier Ministre à la fin de la saison 1 (toute ressemblance avec une personne ayant existé serait fortuite...). Sa préparation a été différente. "Les politiques, contrairement aux journalistes, on les connaît. En fait c'est assez plaisant, il suffit de jouer un mauvais comédien. Les politiques ont tendance à parler d'une manière interdite pour un acteur: ils tapent les mots, ils ne sont pas bons dans l'émotion, ils ne sont pas sobres". Certains apprécieront. Le tournage de cette deuxième saison n'a pas été sans embûches. Une partie des scènes du film se déroule en Arabie Saoudite. Elles ont été tournées au Maroc. En France les productions bénéficient d'un crédit d'impôts, mais seulement si le tournage se passe uniquement sur le territoire. "Parfois les scénarios imposent de devoir tourner à l'étranger. "Avec 120 jours de tournages, nous avons eu le droit à seulement cinq jours au Maroc. Cela a été très complexe! " explique Claude Chelli. Aujourd'hui tous ont l'air d'en rire, mais cela a rendu le tournage plutôt folklorique. D'autant qu'ils y allaient au Maroc pour tourner.... des attentats terroristes! "Il nous a fallu des tas d'autorisations, du commissariat de quartier jusqu'au roi". Situation plutôt risible, les fausses armes en plastique du film étaient escortées par l'armée, qui elle, avait de vraies armes... Finalement, la recette est complète pour faire une excellente série : bons acteurs, bons scénaristes, une superbe réalisation... Alors, n'ayez plus aucune hésitation (si vous en aviez...), Reporters saison 2, c'est dès lundi 18 sur Canal +, et les premiers épisodes sont en exclusivité ici, jusqu'à lundi, 18h. Julia Vergely Photo de l'équipe du film: Mélissa Bounoua ... et l'avis de Culturekub, c'est par ici. 3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved." |



"D'habitude dans les films, les journalistes sont une bande de connards qui hurlent derrière des barrières pour avoir une interview. Et il y a toujours quelqu'un pour dire, tiens, voilà les fouilles-merdes!". Les mots sont de Sorj Chalandon, un des scénaristes de la deuxième saison de
Le tournage de cette deuxième saison n'a pas été sans embûches. Une partie des scènes du film se déroule en Arabie Saoudite. Elles ont été tournées au Maroc. En France les productions bénéficient d'un crédit d'impôts, mais seulement si le tournage se passe uniquement sur le territoire. "Parfois les scénarios imposent de devoir tourner à l'étranger. "Avec 120 jours de tournages, nous avons eu le droit à seulement cinq jours au Maroc. Cela a été très complexe! " explique Claude Chelli. Aujourd'hui tous ont l'air d'en rire, mais cela a rendu le tournage plutôt folklorique. D'autant qu'ils y allaient au Maroc pour tourner.... des attentats terroristes! "Il nous a fallu des tas d'autorisations, du commissariat de quartier jusqu'au roi". Situation plutôt risible, les fausses armes en plastique du film étaient escortées par l'armée, qui elle, avait de vraies armes... 






